Anglos: le choix de Lisée fait jaser La communauté applaudit l’idée d’un messager… mais pas le messager

Le Devoir, Guillaume Bourgault-Côté

Il y a les pour, il y a les contre. Pour certains, Pauline Marois a posé un geste apaisant envers la communauté anglophone en faisant de Jean-François Lisée son interlocuteur désigné. Mais pour d’autres, c’est au contraire de l’huile sur le feu qu’elle a jetée en choisissant un homme qui a plusieurs fois fait bondir ceux à qui il doit désormais tendre la main. Alors ? « The proof will be in the pudding », dit-on. 

Au lendemain de la nomination de M. Lisée, plusieurs anglophones ont réagi en soufflant le chaud et le froid. Bravo pour l’idée, moins pour le choix. « Avoir un interlocuteur est une excellente nouvelle, estime l’ancien député libéral Reed Scowen. Même les libéraux n’ont jamais fait ça. Et ça répond bien au souhait exprimé par Graham Fraser », dit-il en faisant référence à l’idée lancée samedi dans Le Devoir par le commissaire aux langues officielles : créer une sorte de ministère des Affaires anglophones pour faciliter le dialogue.

Mais M. Scowen prévient dans la foulée que si le passé est garant de l’avenir, « M. Lisée ne pourra pas être un interlocuteur valable pour les anglophones ». Et il n’est pas le seul à le penser.

Ailleurs, les réactions sont plus nuancées, mais demeurent prudentes. « On n’était pas certains d’avoir bien entendu quand Mme Marois a nommé M. Lisée », raconte Sylvia Martin-Laforge, la directrice générale du Québec Community Groups Network (QCGN).

L’association se dit « préoccupée par certaines positions exprimées par M. Lisée dans le passé ». Mais globalement, on plaide pour donner la chance au coureur. « The proof will be in the pudding », illustre Mme Martin-Laforge. Le QCNG applaudit ainsi « la main tendue par Pauline Marois envers la communauté ». Un geste qui « démontre que la première ministre voit l’importance de développer un dialogue avec une communauté minoritaire qui, elle l’a dit, a contribué au Québec ». Et M. Lisée ? « Il a dit des choses comme journalistes, maintenant il est ministre, il a des responsabilités », relativise Mme Martin-Laforge.

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